Notre histoire

Le CQDPP est le résultat d’un travail de partenariat qui perdure depuis plus de 20 ans entre deux organisations, soit le Cégep de Jonquière et la Commission scolaire du Lac-Saint-Jean. Un partenariat qui s’est élaboré progressivement autour d’une pratique innovante pour les enfants, la pratique psychomotrice Aucouturier.

L’histoire de cette innovation a commencé au début des années 90 dans une classe de maturation de l’école St-Pierre de la Commission scolaire du Lac-Saint-Jean. Cette classe à effectif réduit, composée principalement de garçons, avait été mise en place pour permettre aux enfants en reprise de maternelle d’acquérir la maturité nécessaire pour accéder à leur première année. On notait, entre autres chez ces élèves, un grand besoin de bouger. L’école était donc à la recherche de solutions adaptées pour répondre aux besoins de ces enfants et elle avait également le souci de leur faire vivre une expérience scolaire différente et positive.

À cette même époque, deux enseignantes du département d’Éducation à l’enfance du Cégep de Jonquière soit mesdames Suzanne Gravel et Jackie Tremblay, éducatrices physiques de formation, dispensaient un cours portant sur le développement psychomoteur de l’enfant et étaient à la recherche de pratiques innovatrices pour répondre aux besoins des jeunes enfants. C’est ainsi qu’elles se sont intéressées à la pratique psychomotrice développée par monsieur Bernard Aucouturier. Connaissant les besoins de l’école, elles ont proposé aux intervenants d’expérimenter cette pratique avec les élèves de la classe de maturation. Elles ont alors formé et accompagné les intervenants du milieu scolaire et, dès le départ, une collaboration étroite s’est installée pour relever les défis entourant cette innovation pédagogique.

La direction de l’école, monsieur Daniel Pilote, et madame Louise Saint-Pierre, éducatrice spécialisée ayant introduit cette pratique dans la classe, ont vite constaté la puissance du dispositif mis en place pour aider les enfants. De plus, séances après séances, les enfants ne se lassaient pas et en demandaient encore et encore. L’utilisation de l’expression motrice pour favoriser le développement global des élèves était novatrice et portait ses fruits. Les parents, eux aussi, voyaient des changements dans le comportement de leur enfant : un sommeil plus profond et de meilleures habiletés sociales en sont des exemples.

Simultanément, les deux enseignantes du Cégep de Jonquière intégrèrent la pratique psychomotrice au contenu de leur cours et l’enseignèrent pendant plusieurs années. Cependant, les finissantes en éducation à l’enfance ne parvenaient pas à introduire cette pratique dans leur travail.  

Face à ce constat, les enseignantes ont entrepris, entre 2000 et 2004, des travaux de recherche subventionnés par le ministère de l’Éducation pour vérifier les conditions de mises en place de cette pratique dans les centres de la petite enfance et identifier les besoins de formation complémentaires des intervenantes. Cette recherche-action a été réalisée en collaboration avec deux nouveaux partenaires, le CPE Au Pays des Lutins de Chicoutimi et le CPE L’Enfanthèque d’Alma. De cette recherche a découlé un plan de formation qui, depuis, est repris chaque année pour former de nouveaux intervenants. Cette recherche a reçu le Prix du Ministre de l’Éducation en 2006.

Peu à peu, la pratique psychomotrice Aucouturier s’est étendue à tout le territoire de la Commission scolaire du Lac-Saint-Jean.  Puis, grâce au soutien financier de Enforme-O-Lac et à l’ouverture de la Commissions scolaire du Lac-Saint-Jean à accueillir dans ses murs les plus petits, la pratique a pris un nouvel envol et s’est implantée dans les centres de la petite enfance, les organismes communautaires et quelques municipalités de la région. 

En 2010-2011, une nouvelle collaboration est née pour amorcer des travaux de recherche visant à valider les effets du programme et à appuyer scientifiquement les observations des intervenants sur le terrain. En effet, monsieur Joël Monzée, PhD en neurosciences, directeur de l’IDEF et professeur associé à l’Université de Sherbrooke, a accepté de mener une étude préliminaire sur la pratique psychomotrice Aucouturier. Il s'est également associé à la démarche qui a mené à la création du Consortium québécois de développement des pratiques psychomotrices (CQDPP).

Avec le temps, l’ampleur du développement et la croissance des demandes de formation ont amené les partenaires du début à rechercher une solution aux défis organisationnels que cela posait. Le CQDPP est né de ce besoin que les deux institutions de départ éprouvaient de formaliser leur partenariat et de l’ouvrir à une collaboration plus large pour faire en sorte que la région du Saguenay‑Lac-Saint-Jean devienne un pôle d’expertise national en matière de développement des pratiques psychomotrices. Somme toute, on peut dire que le parcours du Consortium est caractérisé par l’innovation et la recherche de solutions. Le Cégep de Jonquière a mis à contribution son expertise en petite enfance et en formation des intervenants. La CSLSJ a, pour sa part, mis à profit son expertise terrain et ouvert ses portes à la communauté d’une manière exemplaire. Ces deux institutions partagent une valeur commune, celle d’être réellement au service de leur communauté. L'IDEF a quant à lui été partie prenante de la démarche d'implantation du CQDPP.